La soif par Assia Djebar (1957)

Certains font de ce livre l’un des meilleurs de son temps pour un premier roman. Le succès a été au rendez-vous et la presse littéraire c’est empressé de soutenir l’esprit sagement désobéissant et dissipé qu’infuse l’auteure à son héroïne Nadia. Personne ne s’est trompé, quoi de mieux qu’une plume transposant la pesanteur d’un propos ou la légèreté d’une envolée sans que cela ne paraisse par trop laborieux. Ou trop méthodique. Mais laissons les ont dit et la presse de côté et penchons-nous sur ce petit livre.

Nadia vient de rompre ses fiançailles qui l’étouffaient et se retrouve en vacances chez sa sœur qui la reçoit et la materne avec condescendance. L’ennui et la chaleur du climat sunset-3070729_1920.jpgalgérois rendent les jours identiques et les rêveries infertiles… Elle se lancera à la conquête d’un couple don tout l’attire, le mutisme de Djedla, le comportement d’Ali, ainsi que les échanges pleins de sarcasmes avec Hassein déjà prêt à tout pour elle.

C’est une jeune femme gâtée qui n’aime pas que quelqu’un lui glisse entre les doigts. Et pourtant durant cet été, l’inextinguible curiosité la faisant papillonner d’amitiés malmenées en sentiments confus en attrait, ou l’appétit de l’autre atteindra son paroxysme. C’est la soif.

Note : pour en savoir plus lire remue.net / Le cercle des amis d’Assia Djebar /Wikipedia

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Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme

À l’heure où l’unité européenne est mise à mal, il est intéressant de se plonger vers une autre tentative d’unité qui n’a pas vraiment pris corps, le panafricanisme. Cet essai historique met de l’ordre sur la naissance si tumultueuse d’un courant d’idées ou bien des légendes ont couru sur l’impulsion première des débuts…

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Ainsi, l’auteur démêle parfaitement sa genèse, notion cardinale dans l’imaginaire de libération d’un « peuple Noir » qui lui-même finira par s’y reconnaitre à divers degrés.

L’ouvrage commence en rappelant que ce n’est pas un concept d’impulsion afro-américaine, mais bien celui d’un renvoi en Afrique soufflée avec insistance et arguments par une partie de la population américaine Blanche ne souhaitant pas partager ses terres, connaissances et découvertes après la guerre de Sécession (civil war) ou le ségrégationnisme commence à prendre ses marques.

Les Afro-Américains finiront par s’approprier cette idée et en faire une vision unificatrice, utopiste et romancée de l’Afrique. Un objet intellectualisé en négatif de l’occident, une terre qui n’attendrait qu’eux, comme une liberté à reconquérir et de futurs problèmes avec les africains qui n’y verront au départ que des colons occidentaux et rarement l’apport d’une dualité afro-américaine, voir l’apport d’une afrodescendance. Plus tard, bien plus tard, cela aura le parfum d’une réalisation personnelle pour femmes ou hommes Noirs en quête d’une identité communautaire et raciale, au sens le plus établi à l’époque. Et qui finalement se trouvera au vu des sources, essentiellement Noire américaine. Cette diaspora fut et est encore de nos jours l’afrodescendance au leadership de référence en terme de contribution, ils sont parmi les plus actifs dans ce domaine.

Ce qu’il faut pénétrer au plus près, c’est la quête identitaire toute personnelle à laquelle certaines branches du panafricanisme répondront, parfois faute de mieux, tout en embourgeoisant certaines attentes utopiques, le mouvement n’avança globalement plus avec les mêmes lignes directrices. D’où le penchant pour la construction personnelle et identitaire « panafricaine » jusqu’à la disparition petit à petit du départ physique vers l’Afrique. Les débats tièdes, consensuels, où le progressisme propret passe pour être capable de créer une amélioration d’ensemble qui finira par donner naissance à des contradictions qu’apparemment chacun accepte au sein de ceux qui sanctifient cette approche. Puisque la recomposition des enjeux d’origines n’a fait que développer une étrange orthodoxie (des lecteurs ou militants) envers des auteurs souhaitant une mise en lumière toute personnelle de leurs intérêts via ce prisme.

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De ce fait, nous comprenons mieux la tendance au rappel aux combats d’origine comme si cela pouvait revivifier les joutes d’une autre époque, comme si préconiser doctement un retour aux sources pourrait produire autre chose qu’un communautarisme fléché propre au préfixe PAN (panafricanisme/panarabisme/pangermanisme/panturquisme, etc). Ainsi, le panafricanisme confine ceux qui y adhèrent dans une logique de constant retour aux sources et de radicalité raciale à renforcer. Radicalité des premiers auteurs servant originellement à se démarquer d’autres écrits et qui par extraits servent au « développement personnel » par petites touches panafricaines, etc.king-marcus.jpg

L’essai suit le parcours de ce thème majeur de la pensée émancipatrice et unificatrice Noir occidentale ou occidentalisée. Car, la pensée africaine est bien plus attirée de nos jours par l’ethnicité, tribalisme, et toutes les logiques régionalistes voir autonomistes. Certains y voient une force centrifuge, d’autres concurrentes ou complémentaire, car le panafricanisme en s’intellectualisant a fini par devenir une représentation « upper class » eu égard au niveau de vie des africains et de leurs considérations en général peu émues par les fameuses contributions à la critique des panafricanistes.

Pour conclure, ce livre vous permettra de comprendre les idées et les parcours dans lesquels piochent les soi-disant panafricanistes de notre époque. Car le livre en fait le constat page après page, les grandes heures du panafricanisme ont déjà eu lieu sur le plan du parcours intellectuel…

De ce fait, il serait bien fourbe de volontairement méprendre autrui sur ce qu’il est et ce qu’il est en train de devenir, un instrument pour politiques de tout bois, tribuns, agitateurs, et opportunistes comme vous pouvez aisément le lire sur internet. Vidé d’une grande partie de sa substance, ce qui se déploie n’est plus qu’une fierté d’être.

-Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme par Amzat Boukari-Yabara-

Supplément : Le mouvement panafricaniste au XXe siècle PDF réédité par l’OIF

 

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